Historique

Association loi 1901, Gaïa-Paris développe une expertise et des services d’accompagnement pour améliorer la santé globale des usager·es de drogues, notamment les plus précaires et éloigné·es du soin.

L’association Gaïa-Paris a été fondée en 2005 par Jean-Pierre Lhomme et Elisabeth Avril. Ces deux médecins généralistes ont porté les premières mesures de réduction des risques en France dans les années 1980-1990, au plus fort de l’épidémie de VIH-SIDA, en collaboration avec les associations pionnières de cette approche, dont Médecins du Monde. La création de l’association fait suite à la reconnaissance de la réduction des risques comme intervention de santé publique par la loi de santé de 2004, en raison de son efficacité à réduire les contaminations par le VIH-SIDA chez les usager·es de drogues injectables.

Dès 2006, Gaïa-Paris a repris la gestion des programmes parisiens de réduction des risques de Médecins du Monde, ainsi que les équipes associées. Ces programmes incluent le Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usager·es de Drogues (CAARUD), héritier du programme d’échange de seringues, et le Centre de Soins, d’Accueil et de Prévention en Addictologie (CSAPA). Ces deux établissements se distinguent par leur approche innovante et une grande souplesse dans l’accompagnement, avec des dispositifs mobiles et un très haut seuil de tolérance. Toujours en activité, ils sont agréés et financés par l’Agence Régionale de Santé Île-de-France.

Au fil des années, en réponse à la précarisation des publics rencontrés et à la complexification des modes de consommation de drogues, Gaïa-Paris a élargi ses activités et développé de nouveaux services pour répondre à des besoins en constante évolution. Depuis 2016, l’association est responsable de la seule Halte Soins Addictions (anciennement appelée salle de consommation à moindre risque) d’Île-de-France, l’Espace Jean-Pierre Lhomme.

Gaïa-Paris poursuit son approche novatrice, épaulée par une équipe de plus de 100 salarié·es intervenant sur l’ensemble du territoire francilien, au plus près des besoins des usager·es. L’association contribue activement au débat et à la formation sur la réduction des risques en France et dans le monde.

Une histoire ancrée dans celle de la réduction des risques

  • 1980-1990

    Près d’une personne sur deux contaminée par le VIH-SIDA est un·e usager·e de drogues.

  • 1989

    Face à l’urgence que représente le VIH en matière de santé publique, Médecins du Monde crée le premier programme d’échange de seringues à Paris, sans autorisation, incarnant les premières actions de réduction des risques en France.

    1989

  • 1994

    Les traitements de substitution aux opiacés sont mis en place plus largement.

  • 1995

    Des programmes d’échange de seringues s’ouvrent dans un cadre légal.

    1995

  • 1998

    Le premier Bus Méthadone ouvre à Paris. Créé par l’équipe du programme d’échange de seringues de Médecins du Monde, ce centre de soins expérimental et de proximité permet l’inclusion des personnes les plus éloignées du soin.

  • 2003

    Le Bus Méthadone devient un Centre Spécialisé de Soins aux Toxicomanes (CSST).

    2003

  • Milieu des années 2000

    Les usager·es de drogues représentent moins de 1% des nouvelles contaminations au VIH-SIDA.

  • 2004

    La loi reconnaît la place et les avancées significatives de la réduction des risques. Cette politique est inscrite dans le code de santé publique (loi n°2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique).

    2004

  • 2005

    Jean-Pierre Lhomme et Elisabeth Avril, deux médecins généralistes porteurs des premières mesures de réduction des risques en France, créent l’association Gaïa-Paris, avec le soutien de Médecins du Monde.

  • 2006

    Le programme d’échange de seringues devient un Centre d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usager·es de Drogues (CAARUD), établissement médico-social.

    Les programmes parisiens de réduction des risques de Médecins du Monde (CAARUD et CSST) sont transférés à Gaïa-Paris.

    2006

  • 2009

    À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les hépatites, le Collectif du 19 Mai, dont Gaïa-Paris est membre, ouvre une salle de consommation à moindres risques (SCMR) aux professionnel·les et à la presse pour alerter l’opinion et les pouvoirs publics.

  • 2009-2016

    Le Collectif du 19 mai, Gaïa-Paris et Médecins du Monde portent les négociations et les efforts de plaidoyer pour faire aboutir le projet d’expérimentation visant l’implantation de SCMR en France.

    2009-2016

  • 2010

    Le CSST de Gaïa-Paris, issu du Bus Méthadone, devient un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA).

  • 2011

    Gaïa-Paris crée le SPIDH, Service mobile de Prévention, d’Information et de Dépistage des Hépatites, du VIH et de la fibrose hépatique en Île-de-France, utilisant le FibroScan® pour évaluer la santé hépatique des usager·es de drogues et d’alcool.

    2011

  • 2015

    Gaïa-Paris lance LaboFabrik, dispositif d’insertion professionnelle proposant des ateliers de redynamisation aux publics de différentes structures parisiennes intervenant en réduction des risques et en précarité. Le projet deviendra un opérateur du Dispositif Premières Heures de la Ville de Paris dès novembre 2016.

  • 2016

    La loi de modernisation du système de santé autorisant l’expérimentation SCMR est promulguée. Gaïa-Paris ouvre la SCMR Espace Jean-Pierre Lhomme à Paris en octobre, portée juridiquement par son CAARUD.

    2016

  • 2019

    Dans le cadre du Plan Crack, Gaïa-Paris et l’association Aurore ouvrent l’Espace de Repos Porte de La Chapelle, à proximité de la scène historique de consommation de crack du nord-est parisien (« La Colline »).

  • 2020

    2020

  • 2021

    Gaïa-Paris propose un nouveau projet expérimental, le Lab’Expair, visant à valoriser les savoirs expérientiels des usager·es de drogues en situation de précarité qui bénéficient d’une formation et d’une mise en pratique professionnelle au sein de structures associatives et médico-sociales.

  • 2022

    Le dispositif SCMR est renommé Halte Soins Addictions (HSA) par la loi n°2021-1754 du 23 décembre 2021 dans le but de renforcer sa dimension d’accès à un parcours de santé.

    2022

  • 2024

    Dans le cadre du Plan Crack, Gaïa-Paris et l’association Aurore ouvrent le dispositif CARE, Centre Ambulatoire de Rétablissement. Ce dispositif thérapeutique innovant propose un lieu d’accueil, de soins et de redynamisation aux usager·es souhaitant s’engager dans une démarche de mise à distance des consommations.