Gaïa Paris est une association qui gère deux établissements médico-sociaux dans le domaine de la prévention et du soin en addictologie et toxicomanie

Programme d'échange de seringues

Bus Méthadone

Prévention en ligne

L'association

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Présentation

Le Programme de réduction des risques en milieu urbain, anciennement dénommé programme d’échange de seringues a obtenu l’agrément CAARUD le 30/09/2006 suite au passage en CROSSM du 26/6/06. La gestion de cet établissement ainsi que celle du CSST Bus Méthadone a été transférée à l’association Gaïa Paris le 1er décembre 2006.

Le dossier CROSSM élaboré à partir du travail de réflexion mené par l’équipe dès 2004 en collaboration avec Médecins du Monde a permis une mise à plat des activités et des objectifs de ce programme. Le contexte, les usagers, les produits ont changé depuis 1989, date de l’ouverture de ce programme. Il est nécessaire d’adapter notre activité à ces changements parfois rapides : lieux d’intervention, émergence de regroupement d’usagers en squats, problématique de l’usage de crack et accroissement de la précarité des usagers fréquentant le programme.

Un défi nous est posé, les structures sont nombreuses sur Paris, les intervenants ne sont pas toujours là où se trouvent les usagers, notre structure doit rester souple et réactive malgré les contraintes administratives et légales. Pouvoir adapter les horaires en fonction des constats de terrain, travailler différemment plus tard ou plus tôt dans la soirée permet parfois de contacter de nombreux usagers. Le travail de rue, les maraudes, rencontrent une difficulté inhérente à leur action discontinue. Par exemple, une sortie peut permettre de contacter une trentaine d’usagers, une semaine plus tard aux mêmes horaires les usagers seront absents. Ce type d’intervention permet de contacter les usagers qui ne vont pas dans les structures fixes et c’est un élément essentiel de notre action mais cela est chronophage et pas forcément productif quantitativement. Ce travail demande du temps, de la rigueur et de la continuité.

L’équipe est peu nombreuse, 3 ETP sur le terrain. Nous parvenons à assurer cette continuité grâce au soutien des bénévoles, ce qui a permis cette année de ne pas avoir de fermeture y compris pendant l’été. L’équipe du CSST a également contribué au renfort de l’équipe lors des périodes de vacances et a apporté un dynamisme et des compétences différentes, présence d’infirmiers, de médecins. Ce renforcement de l’équipe a permis également un travail de partenariat avec les autres CAARUD (STEP, Coordination 18, Charonne, IPSSUD), la participation à des réunions, un échange de pratiques. Un collectif de recherche et de réflexion concernant l’élaboration d’un outil de réduction des risques à destination des consommateurs de crack a été mis en place dès le début de l’année et s’est réuni régulièrement.

Un autre défi est d’obtenir en matière de réduction des contaminations VHC ce que la RDR a obtenu pour le VIH. Les chiffres rapportés par l’enquête Coquelicot 2005 sont élevés, 59% des usagers interrogés sont séropositifs pour le VHC et ce chiffre atteint 79% chez les usagers de crack. Améliorer les messages de prévention, améliorer l’accès au dépistage et surtout au diagnostic (faut-il traiter ou non, quel est l’état du foie ?), réfléchir rapidement et convaincre les pouvoirs publics de la nécessaire évolution des outils de prévention (pipes à crack, kit snif, kit crack, accompagnement à l’injection). Le risque zéro n’existe pas mais certaines pratiques aggravent l’état de santé des usagers. L’addiction au « shoot » est une réalité bien connue des intervenants et des usagers, nos outils et nos possibilités de prescription restent très classiques et ne répondent qu’à un certain type d’usagers. Comme le dit très bien Fabrice Olivet président d’ASUD, les traitements de substitution ont réussi à la classe moyenne, quid des plus précaires, des désaffiliés sociaux qui forment le noyau dur de notre population ?